À toi qui n'as pas le pouce vert

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, ma couleur préférée est le vert. Vert chlorophylle, pour être plus exacte. Cette couleur qui coule dans les veines de la végétation vibrante de vie qui nous entoure, nous apportant oxygène, énergie et apaisement.

De ce besoin de mettre régulièrement mes mains en terre découle ce besoin de m’entourer de vie, surtout durant le mois des morts #novembre.  C’est au cours de mes années de travail dans le domaine horticole et de mes heures passées agenouillée dans la terre avec ma Babushka que ma réputation de mains vertes m’a tranquillement collée à la peau. Certains amis m’ont déjà écrit en état d’urgence afin que je rescape leurs compagnons verts au bord du gouffre. J’ai d’ailleurs dû, à un certain moment, rédiger une marche à suivre, que j’ai nommée trucs de matante pour des plantes verdissantes que j’ai clouée au frigo de quelques êtres chers. Le taux d’échec botanique a perpétué, ce qui m’amène à une seule hypothèse très plausible : Négligence avec un grand N!

Ceci dit, qui dit plante dit être vivant, et qui dit être vivant dit qu’un certain niveau de tendresse et d’affection est nécessaire à sa survie. Si tu n’es pas prêt à ça, y’a toujours l’option des plantes en plastique qui n’ont absolument aucune vertu autre que celle de ramasser la poussière. Ainsi, si tu es prêt à assurer la survie de tes compagnons intérieurs, j’ai recensé la source du mal-être de 99% des plantes qui s’affaissent ou se détériorent chez toi.

Problématique #1 : l’arrosage, la source première de mortalité végétale

Ne jamais sous-estimer les pouvoirs d’un arrosage on point.

• Si le feuillage est bruni et sec aux extrémités ou vers le haut de la plante : manque d’eau probable.

• En revanche, si les feuilles jaunissent à la base, on parle d’un arrosage sans doute trop abondant. Enlève les membres jaunies, laisse sécher complètement le terreau (plusieurs jours) et assure-toi que la soucoupe sous ton pot soit vide.

• Toujours laisser la surface du terreau sécher avant d’arroser à nouveau : dis-toi que si la surface est encore humide, le terreau au niveau des racines est probablement encore très mouillé et on veut éviter que cela provoque du pourrissement. C’est le moment d’utiliser ton testeur d’humidité! Si tu n’en possèdes pas, rends-toi dans la section jardinerie du magasin à grande surface le plus près de chez toi. C’est genre 7 piastres.

• L’hiver, diminue l’arrosage, mais favoriser la vaporisation du feuillage de la plante, surtout si celle-ci est près d’un calorifère ou dans une pièce très chauffée. Un bon coup de vaporisateur est toujours apprécié pour les plantes feuillues.

• Si la soucoupe se remplit d’eau après l’arrosage, laisser une vingtaine de minutes à la plante pour réabsorber ce dont elle a besoin. Ensuite, il est impératif de la vider pour éviter la pourriture des racines.

Problèmatique #2 : la lumière

Il faut d’abord savoir différencier environnement lumineux et soleil direct. Contrairement à la pensée populaire, peu de plantes apprécient les bords de fenêtres où le changement drastique entre soleil/chaleur et fraîcheur/noirceur peut être mortel. Or, sans lumière, il n’y a pas de photosynthèse, et sans photosynthèse, il n’y a pas de plante. Assurez-vous de connaître le nom de chacune de vos plantes afin de pouvoir prendre connaissance de ses besoins, sur Internet directement, ou en parlant à un commis en centre jardin.

Problèmatique #3 : les courants d’air

Plusieurs plantes d’intérieurs, je pense notamment au ficus, détestent les courants d’air et les variations de température. Elles en perdent littéralement leur feuillage. Assurez-vous de trouver un emplacement loin des portes extérieures, des fenêtres et des appareils de chauffage!

Problématique #4 : le rempotage

Une plante prisonnière de son pot et qui n’arrive plus à déployer ses racines ne tardera pas à manifester son besoin d’emménager dans un espace plus grand. Soyez à l’écoute! Soulevez le pot de temps à autre afin de voir si un amas de racines ne sortirait pas par en-dessous. Or, rentrer des plantes qui étaient à l’extérieur doit être fait sous certaines conditions : personnellement, je ne prends jamais de chance et je rempote celles-ci. La terre neuve garantit un certain niveau de pureté, et diminue les chances d’infestations provenant de l’extérieur.

Problématique #5 : Minou

C’est ben cute un chat, mais ça a tendance à monter dans le sapin de Noël, à grimper dans les rideaux et y’a aussi de fortes chance qu’il prenne tes plantes comme terrain de jeu… ou comme toilette de luxe. Minou choisira plus souvent qu’autrement un grand pot situé au sol, contenant une plante peu feuillue dans le bas, dans le style d’un yucca, pour faire ses besoins. En mettant le pot sur un piédestal, il y a de bonnes chances que minou soit démotivé à le faire. S’il s’entête, installez un grillage subtil à l’ouverture du pot. C’est pas fashion, mais c’est efficace!

Plusieurs graminées se vendent en magasin sous l’étiquette « herbe à chat ». En disposer à quelques endroits dans la maison saura certainement détourner l’attention de minet de sorte à ce qu’il laisse vos autres plantes tranquilles. J’ai également ouï-dire que d’enfouir des sachets de poivre ou de clous de girofles dans le terreau aurait un bon taux d’efficacité pour repousser minou. Parfois, les trucs de grand-mère sont les meilleurs!

Même si cela vous exaspère, ne mettez pas la santé de minou en danger et procurez-vous des plantes non toxiques pour les chats. Ceci dit, vous pouvez oublier l’idée d’un poinsettia comme centre de table à Noël!

Ceci dit, novembre est difficile pour tout le monde : n’oubliez pas de parler à vos plantes et de faire jouer un peu de musique classique d’ambiance. Il paraît que ça stimule la croissance et la floraison s’il y a lieu. Parlez-en à mon orchidée qui fleurit non-stop depuis 2 ans…

Auteur: Catherine Kotiuga

Marie-Eve Delage